Publié le 23 octobre 2026 · 8 min de lecture
Overtrading : les 6 signes qui ne trompent pas et comment t’arrêter
Ennui, revanche, peur de rater le mouvement, absence de plan : d’où vient l’overtrading, combien il coûte en frais quand on passe de 6 à 40 trades par jour et les règles qui le freinent, journal à l’appui.
L’overtrading, c’est prendre plus de trades que ton plan n’en prévoit : des entrées sans setup, par ennui, pour te refaire ou par peur de rater un mouvement. Il se reconnaît à six signes précis. Et il coûte cher même quand les trades sont neutres, parce que le spread et les commissions se cumulent à chaque aller-retour. Voici comment le repérer, ce qu’il coûte vraiment en chiffres et les règles qui le freinent.
En bref
- L’overtrading ne se définit pas par un nombre de trades, mais par l’écart entre ton plan et ce que tu fais.
- À 9 dollars de frais par aller-retour sur le NQ, 40 trades par jour coûtent 7 200 dollars par mois, contre 1 080 pour 6 trades.
- Deux pertes d’affilée, pause obligatoire : c’est le moment où naissent les trades de revanche.
- Mesure-le chaque semaine : part des trades hors plan et R total de ces trades.
Qu’est-ce que l’overtrading ?
L’overtrading, ou surtrading, désigne tous les trades que ton plan n’autorisait pas. Un scalpeur qui prévoit trente trades et en prend trente ne surtrade pas. Un trader qui attend un setup présent deux ou trois fois par séance et en prend douze surtrade, même si sa journée finit dans le vert. Il a souvent un cousin : la taille qui grossit pour « se refaire ».
Les études sur les particuliers vont dans le même sens. Brad Barber et Terrance Odean ont étudié plus de 66 000 ménages clients d’un courtier américain entre 1991 et 1996 : ceux qui tradaient le plus ont obtenu 11,4 % par an, contre 17,9 % pour le marché. En France, l’étude de l’AMF publiée en 2014 sur près de 15 000 clients particuliers du Forex a montré que 89 % avaient perdu de l’argent, et que les plus actifs creusaient leurs pertes. Le mécanisme psychologique derrière ces chiffres est détaillé dans notre guide sur la psychologie du trading.
Les 6 signes de l’overtrading
- Tu ne sais pas nommer le setup. Si tu ne peux pas dire en trois mots pourquoi tu es entré, le trade n’était pas dans ton plan.
- Tu reprends position dans les deux minutes qui suivent une perte. C’est la signature du trading de revanche.
- Tu trades davantage les jours de perte. Si ton nombre de trades double quand la séance commence mal, ce n’est pas le marché qui offre plus d’occasions.
- Tu trades hors de ta fenêtre. La pause de midi à New York, la nuit, la veille d’un week-end : « puisque je suis devant l’écran ».
- Ta taille augmente après les pertes. Passer de 1 à 3 contrats pour revenir à zéro plus vite triple le risque au pire moment.
- Tu ignores combien tu as payé de frais ce mois-ci. Un trader qui maîtrise sa fréquence connaît ce chiffre au dollar près.
Deux signes sur six dans la même semaine suffisent à justifier les règles plus bas.
Pourquoi on overtrade : ennui, revanche, peur de rater, absence de plan
L’ennui
Entre 18 h et 20 h, heure de Paris, le NQ ralentit souvent. Tu es devant l’écran, tu veux te sentir utile, et un petit range de 8 points finit par ressembler à une occasion. Le marché lent est précisément celui où les frais pèsent le plus, parce que les mouvements sont courts.
La revanche
Après une perte de 1 R, le P&L de la journée devient le point de référence. Chaque trade suivant sert à « revenir à zéro » plutôt qu’à exécuter un setup. Le critère d’entrée se relâche, la taille monte, et une perte de 1 R devient une séance à -4 R.
La peur de rater le mouvement
Le prix casse un niveau sans toi et file de 20 points. Tu achètes tard, avec un stop forcément lointain sous la cassure ou trop serré pour tenir. Les deux versions dégradent ton ratio risque rendement, comme le montre notre article sur le ratio risque rendement et le taux de réussite.
L’absence de plan
Sans setup écrit, chaque mouvement ressemble à une occasion. Le plan ne sert pas à trouver des trades : il sert à éliminer tous les autres.
Ce que coûte l’overtrading : 40 trades par jour contre 6
Prenons un contrat NQ et un coût réaliste de 9 dollars par aller-retour : un tick de spread (5 dollars) plus 4 dollars de commission, montant qui varie selon le courtier. Ces 9 dollars représentent 1,8 tick qu’il faut gagner sur chaque trade avant d’empocher le moindre centime.
| Rythme | Frais par jour | Frais par mois (20 séances) | Points de NQ à gagner chaque jour pour couvrir les frais |
|---|---|---|---|
| 6 trades par jour | 54 dollars | 1 080 dollars | 2,7 points |
| 40 trades par jour | 360 dollars | 7 200 dollars | 18 points |
L’effet ne s’arrête pas là. Celui qui prend 40 trades travaille en général avec des stops plus serrés. Avec un stop de 10 points (200 dollars), 9 dollars de frais représentent 0,045 R par trade, soit 0,27 R par jour à 6 trades. Avec un stop de 3 points (60 dollars), les mêmes 9 dollars valent 0,15 R par trade, soit 6 R par jour à 40 trades. Pour couvrir 6 R de frais quotidiens, il faut un avantage que très peu de particuliers ont.
Enfin, les 34 trades supplémentaires ne sont pas des copies des 6 meilleurs : ce sont ceux que ton plan rejetait. Leur espérance est presque toujours plus faible, souvent négative.
Comment arrêter l’overtrading : 5 règles concrètes
- Un plafond de trades par séance, écrit avant l’ouverture. Par exemple 4. Au quatrième trade clôturé, la plateforme se ferme, quel que soit le résultat.
- Une pause obligatoire après deux pertes d’affilée : quinze minutes loin de l’écran, minuteur compris. Après trois pertes, la séance est terminée.
- Une checklist avant chaque entrée. Si une case manque, pas de trade :
- Le setup a un nom de ma liste.
- Le niveau était tracé avant l’ouverture.
- Le stop est défini et la taille calculée à partir de lui.
- Je suis dans ma fenêtre horaire et sous mon plafond.
- Une perte maximale par jour en R, par exemple -3 R. Elle protège autant le compte que la tête. Le calcul est détaillé dans notre guide de gestion du risque pour débutants.
- Une alarme en fin de fenêtre. À 17 h, tu fermes, même si « ça bouge enfin ».
Ces règles paraissent rigides. C’est leur intérêt : elles prennent la décision à ta place quand ton jugement est le moins fiable. Corriger ce réflexe prend du temps, comme l’explique notre guide sur le temps qu’il faut pour apprendre le trading.
Mesurer l’overtrading dans ton journal
Ajoute une colonne « dans le plan : oui ou non » à ton journal de trading, puis suis trois chiffres chaque semaine :
- Taux de trades hors plan : trades hors plan ÷ trades totaux. Objectif : moins de 10 %.
- R total des trades hors plan comparé à celui des trades dans le plan.
- Frais ÷ gain brut : la part de ton travail qui part en coûts.
Exemple d’un mois : 120 trades, dont 38 hors plan (32 %) pour un total de -14 R, et 82 dans le plan pour +6 R. Résultat net : -8 R. Les trades du plan étaient positifs ; les 38 trades en trop ont tout effacé.
Le même exercice marche à l’entraînement. Un tournoi BullHero se joue en manches de 2 min 30 ou 3 minutes, avec spread et commission à chaque trade et une perte maximale par manche : les clics en trop s’y paient vite. Fixe-toi un plafond de trois trades par manche et note, après chaque manche, si tu l’as respecté et à quelle place tu as fini.

Trois trades par manche, pas un de plus. Joue cinq tournois BullHero avec ce plafond, puis compare tes places et tes frais avec tes cinq tournois précédents : tu verras ce que te coûte chaque clic en trop.
Jouer avec un plafondQuestions fréquentes
Combien de trades par jour, c’est trop ?
Il n’existe pas de nombre universel. C’est trop dès que tu dépasses ce que ton setup produit. Si ton setup apparaît en moyenne trois fois par séance et que tu prends dix trades, sept sont de l’overtrading. Compte sur un mois combien de fois ton setup se présente vraiment, puis fixe ton plafond un peu au-dessus de cette moyenne.
Overtrading et revenge trading, c’est la même chose ?
Non. Le revenge trading, ou trading de revanche, est l’une des causes de l’overtrading : des trades pris pour effacer une perte. L’overtrading est le résultat, qui peut aussi venir de l’ennui, de la peur de rater un mouvement ou d’un plan absent. La pause après deux pertes vise la revanche ; le plafond de trades vise toutes les causes.
L’overtrading existe-t-il aussi en compte démo ?
Oui, et souvent pire, puisque l’argent fictif retire le frein de la perte. C’est justement l’endroit idéal pour le corriger : applique les mêmes plafonds et la même checklist qu’en réel, et mesure ton taux de trades hors plan. Une habitude prise en démo, bonne ou mauvaise, se retrouve en réel.
BullHero est un jeu en argent fictif dont la cotation est produite par un modèle mathématique : ce n’est pas un courtier et il ne mène à aucun marché réel. Cet article a une vocation éducative et ne constitue pas un conseil en investissement.
Sources
- Brad M. Barber et Terrance Odean, Trading Is Hazardous to Your Wealth: The Common Stock Investment Performance of Individual Investors, Journal of Finance, 2000
- Terrance Odean, Do Investors Trade Too Much?, American Economic Review, 1999
- AMF, La Lettre de l’Observatoire de l’épargne n° 10, 2014
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